Répertoire de "traits significatifs"

Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 15:06

Ce message introduit une rubrique un peu incongrue : le répertoire de « traits significatifs ». L’idée, c’est que pour faire de la bande-dessinée, il faut représenter la réalité non pas au « mot à mot » ou plutôt au « trait à trait », mais en la traduisant grâce à des traits qui sont plus des signes que des contours. Jusque là, rien de révolutionnaire. Simplement, ce répertoire me sert à essayer une nouvelle façon d’apprendre à « traduire » la réalité : jusque là j’ai essayé de trouver moi-même comment faire cette traduction. Ca aurait pu être intéressant, si j’avais réussi à créer mes propres codes. Mais c’est surtout très très long et approximatif. Donc : je vais plutôt d’abord voir comment font les autres, et ensuite j’aviserai. Cette démarche doit paraître très « innocente » aux dessineux plus avancés, mais j’assume cette « naïveté méthodologique ». Ca se tente, quoi.

 

Deux premiers essais, d’après le carnet de croquis « un Américain en balade », de Craig Thompson.

 

1 : un cou de garçon, l’os de l’avant-bras, les plis du bas du t-shirt.

 

2 : plis extérieurs et intérieurs de la manche, bouche et yeux tristes (de profil),

Par Saeko - Publié dans : Répertoire de "traits significatifs"
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Mardi 22 août 2006 2 22 /08 /2006 12:14

Une petite recherche réalisée hier soir pour la deuxième planche de Mouark Episode 2. Au départ, je me demandais comment représenter la "mauvaise intention". L'auteur idéal dans ce cas : Bill Watterson et son Calvin.

 

 

   Au départ je pensais qu'on pouvait trouver une différence uniquement dans le dessin des yeux entre la "mauvaise intention" et la simple colère. En fait, pas vraiment : certes les pupilles sont décalées vers l'extérieur mais ça semble surtout indiquer une reflexion "en aparté".

 

 

 

 

 

 

En effet, ici la mère décale aussi les pupilles vers l'extérieur mais on est purement dans la colère (l'envie de meurtre, l'infanticide,...). Donc je pense que c'est surtout la forme de la bouche qui détermine la différence entre les deux émotions.

 

 

 

 

Cette petite recherche m'a fait prendre conscience que le dessin des yeux variait pour différencier des émotions mais surtout pour indiquer une gradation dans l'émotion.

Si on repart de la colère, ici Susie a les globes oculaires qui apparaissent au moment où elle s'énerve le plus contre Calvin.

 

 

 

Et cela semble aussi vrai pour l'étonnement... (d'où l'expression ouvrir des yeux ronds)

 

 

 

 

 

... et pour la joie !

Par Saeko - Publié dans : Répertoire de "traits significatifs"
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 12:16

J'ai essayé de rebondir sur ma question d'hier, avant même d'avoir lu vos commentaires : comment représenter des peaux noires dans un dessin noir et blanc "stylisé" (comment dire ? "simplifié", c'est peut-être mieux), sans que la couleur noire ne barbouille tout le visage ? Au passage, ceux-ce qui sont attentifs verront que j'ai précisé la question, mais sinon ça partait dans tous les sens.

J'avais dans l'idée que les peaux noires étant sans doute représentées comme des négatifs des peaux planches, avec les ombres laissées en blanc et le reste coloré en noir. Je ne sais pas trop comment je me suis mis ça dans la tête : sans doute du fait de dessins rapides où les visages noirs sont ditingués des autres par un crayonné noir sur le front et sur les joues. Ceux de Baudoin (dans "nam") sont un peu construits comme ça :

 

 On retrouve un peu ça, en plus stylisé encore chez Cailleaux (dans "le café du voyageur") :

 En fait, en regardant plus attentivement, on se rend compte que ce ne sont pas les joues ou le front qui sont raonnés mais en gros le bas des paumettes et celui des arcades sourcillières (ou l'inverse, si la lumière vient du bas). C'est là que je comprends pourquoi Nutz suggère de "jouer avec la lumière". C'est particulièrement net dans Munoz (dans "histoires privées"). Il ne fait même plus les traits, il laisse se dessiner les formes à travers leurs ombres :

Celui qui l'exploite particluièrement bien, au-delà de l'impressionnate de maîtrise technique de Munoz, c'est Hugo Pratt, parce qu'il lui donne un sens : les ombres ne sont pas reproduites avec leurs imperfections mais de façon très pure, ce qui rend les visages très géométriques et très proches, en fait des masques africains. Les visages des éthiopiens qu'il représente ne laissent pas transparaître d'émotion comme ceux des anglais, ils sont de véritables masques. ici, de profil.

 

Là, de face, avec un parallèle complètement assumé entre le masque du visage et le vrai masque du sorcier.

Par Saeko - Publié dans : Répertoire de "traits significatifs"
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